
Moscou a officialisé ce mardi de nouvelles directives administratives concernant l'enregistrement des ateliers de peinture et des espaces d'exposition indépendants sur l'ensemble du territoire russe. Cette décision émanant du ministère de la Culture impose des déclarations préalables pour toute réunion publique ou exposition collective hébergée dans des structures privées non subventionnées.
Sergueï Kirienko, haut fonctionnaire au sein de l'administration présidentielle, a défendu cette mesure lors d'un point presse en invoquant la nécessité d'une meilleure traçabilité fiscale des activités lucratives liées au marché de l'art. Les inspecteurs fédéraux disposeront désormais d'un droit de regard accru sur les baux commerciaux et les statuts juridiques des collectifs d'artistes.
Saint-Pétersbourg compte déjà plusieurs dizaines de structures associatives qui menacent de suspendre leurs programmes publics en signe de contestation. Les gestionnaires de ces lieux estiment que les contraintes bureaucratiques alourdissent considérablement le fonctionnement quotidien de structures déjà fragilisées par les fluctuations économiques.
Dmitri Ivanov, directeur d'une galerie alternative moscovite, a déclaré que ces dispositions risquent de pousser de nombreux créateurs vers la clandestinité ou l'exil artistique. Les amendes prévues en cas de non-conformité administrative s'élèvent à plusieurs centaines de milliers de roubles, un montant dissuasif pour les jeunes diplômés des académies des Beaux-Arts.
L'Union des artistes de Russie, par la voix de son président Andreï Kovalchuk, a salué un cadre normatif plus clair qui protège, selon elle, les professionnels face à la concurrence déloyale de structures informelles. Les partisans de la réforme mettent en avant la sécurité des bâtiments accueillant du public comme argument principal de ces nouvelles vérifications.
Plusieurs syndicats professionnels prévoient de déposer un recours collectif devant la Cour suprême dès le début du mois prochain pour contester la constitutionnalité de ces décrets ministériels. Les avocats mandatés par le collectif affirment que les restrictions portent atteinte à la liberté d'expression garantie par la Constitution fédérale.
Novossibirsk et Iekaterinbourg enregistrent également des mouvements de fronde similaires au sein des facultés des arts plastiques et des ateliers municipaux. Les étudiants et les professeurs multiplient les pétitions en ligne pour exiger un moratoire sur l'application de ces textes réglementaires.
La prochaine audience publique fixée par la commission parlementaire aux affaires culturelles se tiendra le 14 novembre prochain à la Douma d'État.
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