
La Banque centrale du Brésil a annoncé le 3 octobre une refonte des protocoles de sécurité de son système de paiement instantané Pix pour endiguer une vague massive d'escroqueries financières par ingénierie sociale. Les nouvelles règles, intégrées à la version 7.4 du manuel technique de l'institution, permettent désormais aux usagers de joindre directement des captures d'écran, des documents de preuve et des reçus de transaction lorsqu'ils contestent un virement suspect auprès de leur application bancaire.
Vingt et un milliards deux cents millions de réals, soit environ 3,5 milliards d'euros, représentent le montant total dérobé aux épargnants brésiliens via des fraudes virtuelles cette année, selon les données publiées par le cabinet de cybersécurité Silverfort. Cette hémorragie financière s'appuie sur une offensive d'envergure, les systèmes de détection ayant enregistré un record historique de 34,5 milliards de tentatives de piratages et d'arnaques sur le territoire national.
Vingt-huit millions de Brésiliens ont été piégés par des manœuvres frauduleuses liées au Pix au cours de l'année 2025, d'après le recensement officiel de l'Association nationale de défense des données personnelles et du consommateur. Les réseaux criminels privilégient désormais la manipulation psychologique directe plutôt que le piratage informatique pur des infrastructures bancaires.
Carlos Santa Cruz, fondateur de la firme de sécurité Lyfense, confirme que la faille majeure réside dans la crédulité humaine exploitée par les délinquants. Selon cet expert, les escrocs ne forcent pas l'accès technique des comptes bancaires mais parviennent à persuader directement les victimes d'effectuer elles-mêmes les virements en temps réel sous de faux prétextes.
Quarante pour cent des fraudes financières répertoriées au Brésil durant le premier semestre de cette année relèvent directement de ces techniques d'ingénierie sociale, d'après les analyses statistiques de la plateforme de données Quod. Cette organisation a identifié plus de neuf millions de dossiers suspects ou frauduleux confirmés sur cette seule période de six mois.
Brasilia a réagi en durcissant la responsabilité légale des établissements bancaires face à cette criminalité financière. Les tribunaux brésiliens multiplient les condamnations à l'encontre des banques qui échouent à bloquer les transactions atypiques ou en rupture manifeste avec le profil habituel de leurs clients.
Le pouvoir judiciaire applique désormais de manière stricte le principe de responsabilité objective des banques pour défaut de surveillance de leurs réseaux. Les
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