
Selon une étude réalisée au début des années 2010 sur des millions de profils de sites de rencontres, nos choix amoureux sont beaucoup moins “ouverts” qu’on ne le pense. Derrière les discours sur l’amour sans frontières, les chiffres racontent une autre histoire : dans les rencontres en ligne, les gens préfèrent très souvent ceux qui leur ressemblent.
En janvier 2014, des chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley ont publié une étude dans la revue Psychology of Popular Media Culture. Ils ont analysé plus d’un million de profils et de messages échangés sur un grand site de rencontres américain, entre 2009 et 2010.
Le constat est frappant :
- Les utilisateurs blancs, hommes et femmes confondus, contactent avant tout d’autres personnes blanches.
- Plus de 8 messages sur 10 envoyés par des utilisateurs blancs sont adressés à des blancs.
- Seuls 3 % de ces messages vont vers des personnes noires.
- À l’inverse, les utilisateurs noirs sont beaucoup plus ouverts : ils sont environ dix fois plus nombreux à contacter des blancs que l’inverse.
Autrement dit, contrairement à une idée répandue, les données ne montrent pas une attirance massive des femmes blanches pour les hommes noirs, mais surtout une forte préférence des blancs pour leur propre groupe.
Hommes, femmes, hétéros, homos : tout le monde ne choisit pas pareil
Les chercheurs ont aussi observé que le genre et l’orientation sexuelle changent la donne. Une autre étude, publiée en 2015 et basée sur plus de 9 millions d’utilisateurs, montre que :
- Les hommes blancs hétérosexuels et les femmes lesbiennes blanches sont plus ouverts aux relations interraciales.
- Les femmes blanches hétérosexuelles et les hommes gays blancs restent plus souvent dans des choix « entre blancs ».
Cela montre que l’attirance n’est pas seulement une question de race, mais aussi de normes sociales propres à chaque groupe.
Des préférences influencées par la société
Dès le milieu des années 2000, des recherches menées à partir de sites comme Yahoo! Personals avaient déjà observé un phénomène similaire. Les gens y exprimaient clairement leurs préférences raciales, souvent en classant les partenaires possibles selon leur origine.
Ces choix ne tombent pas du ciel. Ils reflètent une hiérarchie raciale présente dans la société, façonnée par l’histoire, les médias et la culture populaire.
Le poids des stéréotypes
L’attirance n’est pas qu’une affaire de couleur de peau. Elle est aussi influencée par des stéréotypes culturels. Des travaux menés à la Columbia Business School montrent que certaines idées largement diffusées jouent un rôle dans le désir.
Par exemple, dans les sociétés occidentales, les hommes noirs sont souvent perçus comme plus masculins ou plus forts. Cette image peut, dans certains contextes, séduire certaines femmes. Mais il s’agit avant tout de représentations culturelles, pas de réalités universelles.
L’amour ne se résume pas à la race
Une étude publiée en 2017 auprès d’étudiants américains apporte une autre nuance importante. Elle montre que l’attirance entre personnes de différentes origines augmente quand :
- on a l’habitude de côtoyer des personnes diverses,
- on adhère à des valeurs multiculturelles,
- on est exposé à des environnements mélangés.
À l’inverse, certaines personnes qui affirment que « la race ne compte pas du tout » peuvent, paradoxalement, avoir moins de relations interraciales.
Ce que disent vraiment les études
En résumé, la recherche montre que :
- Les préférences raciales existent, surtout dans les rencontres en ligne.
- Elles reflètent surtout des habitudes sociales et culturelles, pas des lois biologiques.
- Les blancs choisissent majoritairement des blancs.
- Les noirs, statistiquement, contactent et choisissent des partenaires plus variés.
Derrière les chiffres, des individus
Les scientifiques sont clairs sur un point : on ne peut pas réduire l’amour à une règle simple. Chaque histoire est unique. La personnalité, l’humour, les valeurs, le contexte de vie comptent souvent bien plus que la couleur de peau.
Dire que « les blondes sont attirées par les hommes noirs » peut sembler provocateur ou amusant, mais ce n’est pas ce que montrent les données. Ce genre d’affirmation entretient surtout des stéréotypes, loin de la réalité complexe des relations humaines.
cliquez ici pour accéder la publication de la revue: https://www.ovid.com/journals/ppmc/abstract/10.1037/a0035357~blackwhite-dating-online-interracial-courtship-in-the-21st
Au final, les chiffres parlent moins de désir “naturel” que de société, de culture… et de nos habitudes.
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