
Deux mois d'investigations clandestines menées par les enquêteurs de la fondation révèlent des violations répétées de la législation en vigueur, notamment l'absence de vérification du certificat d'engagement et de connaissance obligatoire pour les acheteurs. Les militants ont filmé des transactions rapides, réalisées sans aucun délai de réflexion, assimilant la vente d'animaux vivants à celle de simples biens de consommation courante.
Le ministère de l'Agriculture maintient pour l'instant sa feuille de route axée sur une surveillance accrue des organisateurs et des éleveurs présents dans ces foires. Cette position administrative est jugée insuffisante par les défenseurs des animaux, qui réclament une harmonisation avec l'interdiction de vente en animalerie entrée en vigueur au début de l'année.
Vannes, commune du Morbihan, est devenue le point de fixation de cette contestation nationale le week-end dernier lors d'un rassemblement qui a provoqué des heurts verbaux entre militants locaux et exposants professionnels. Les opposants y ont dénoncé l'importation massive d'animaux issus d'élevages intensifs d'Europe de l'Est, souvent revendus sous de fausses étiquettes de provenance française.
Cent mille abandons d'animaux domestiques sont enregistrés chaque année en France, un record européen que les associations attribuent directement à ces acquisitions irréfléchies facilitées par l'ambiance festive des salons. Les refuges de la SPA et des fondations partenaires affichent actuellement complet, saturés par l'afflux de jeunes chiens d'un an achetés sur un coup de tête le printemps précédent.
Le docteur vétérinaire Stéphane Lamart confirme que les conditions de transport et de promiscuité dans ces enceintes favorisent la propagation rapide de pathologies graves comme la parvovirose ou la toux du chenil. Les chiots, privés de leur mère dès l'âge de huit semaines, subissent un stress intense durant ces week-ends d'exposition sous les néons et face au bruit constant du public.
La loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale a banni la vente de chiens et chats dans les vitrines des animaleries depuis le 1er janvier 2024, mais un vide juridique permet toujours aux foires éphémères de contourner cette restriction. Les juristes de la fondation demandent une extension immédiate de cette interdiction à tous les événements commerciaux ouverts au grand public.
Le 12 novembre prochain, la présidente de la fondation remettra un rapport détaillé contenant ces preuves vidéos aux députés de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale afin d'appuyer le dépôt d'une proposition de loi transpartisane.
Publicité
En savoir plus sur PAKET AFE
Subscribe to get the latest posts sent to your email.