Prince de Bretagne interpelle l'État sur l'eau et la souveraineté alimentaire

La coopérative Prince de Bretagne demande un plan gouvernemental pour stocker l'eau hivernale et garantir la production légumière face à la sécheresse.Actualités, Politique, Bretagne, coopérative maraîchère, légumes, Marc Keranguéven, ministère de l'Agriculture, Prince de Bretagne, retenue collinaire, sécheresse, souveraineté alimentaire, stockage de l'eau, PAKET AFE, newsLa coopérative Prince de Bretagne demande un plan gouvernemental pour stocker l'eau hivernale et garantir la production légumière face à la sécheresse.
Prince de Bretagne interpelle l'État sur l'eau et la souveraineté alimentaire

Marc Keranguéven a haussé le ton mercredi 26 août sur ICI Breizh Izel. Le président de la coopérative Prince de Bretagne a exigé du gouvernement un « message politique fort » pour bâtir un plan de souveraineté alimentaire française, alors que la sécheresse met à mal les maraîchers de la côte nord.

La filière légumes bretonne plie sous le poids du manque d'eau. Récoltes raccourcies, calibres réduits, prix de revient en hausse : les exploitants comptent les pertes depuis le printemps. Keranguéven prévient que la situation empire à chaque épisode caniculaire et réclame des mesures structurelles, pas de simples aides conjoncturelles.

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Le dirigeant propose une idée simple. Stocker l'eau qui tombe en abondance pendant l'hiver pour la mobiliser durant les étés secs. Un projet vieux comme l'agriculture, mais freiné par des normes environnementales strictes et une administration jugée tatillonne. « On ne demande pas la lune, on demande à pouvoir remplir une retenue quand il pleut », glisse un producteur finistérien.

Prince de Bretagne représente quelque 2 000 maraîchers et horticulteurs du grand Ouest. La coopérative pèse plus de 800 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel et fournit la moitié des choux-fleurs consommés en France. Sa voix porte dans les allées du ministère de l'Agriculture.

À Paris, le cabinet de Marc Fesneau rappelle que le stockage de l'eau figure déjà dans les orientations du Varenne agricole de 2022. Les préfets de département ont reçu instruction d'accélérer l'instruction des projets de retenues, mais les associations écologistes bloquent régulièrement les dossiers en justice.

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Bretagne, Loire, Charente, Gard : partout, les mêmes crispations. Élus locaux et agriculteurs dénoncent une contradiction nationale. La France importe 40 % de ses fruits et légumes frais quand ses propres terres manquent d'irrigation. Un paradoxe chiffré par FranceAgriMer dans son bilan 2024.

Keranguéven prévient sans détour. Sans décision rapide, plusieurs exploitations bretonnes pourraient mettre la clé sous la porte avant la fin de l'année. Les jeunes installés, endettés sur dix ans, figurent parmi les plus exposés. La coopérative réclame une réunion tripartite avant l'automne avec Matignon, le ministère de l'Agriculture et les représentants professionnels.

Le ministre Marc Fesneau doit présenter sa feuille de route hydrique lors du Salon Tech&Bio de Bourg-lès-Valence, prévu le 18 septembre prochain. Le rendez-vous est désormais inscrit à l'agenda breton.


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