
Paris, 27 août 2026. Gabriel Attal, candidat du parti Renaissance à l'élection présidentielle, n'a « jamais écarté » l'idée d'une primaire ouverte à droite et au centre. Sa déclaration, formulée jeudi sur BFMTV-RMC, rebat les cartes d'une campagne 2027 où chaque point dans les sondages compte.
Plus de 200 élus, dont le centriste Hervé Morin et le maire LR de La Baule Franck Louvrier, ont lancé le même jour un appel solennel pour une « primaire ouverte » du bloc central. Un sondage cité par BFM-TV donne Attal à 17 % des intentions de vote, Philippe à 19 %. L'écart reste minime.
Édouard Philippe, maire du Havre, refuse pour l'instant le scénario de la primaire. Son entourage argue qu'un scrutin interne risquerait de l'affaiblir avant l'échéance. Laurent Wauquiez, patron des députés LR, défend pourtant cette idée depuis l'automne 2025. Selon lui, Philippe y trouverait une dynamique nouvelle après sa baisse récente dans les enquêtes d'opinion.
Le duel entre les deux hommes s'invite sur tous les terrains. Mayotte sur la crise migratoire, Roland-Garros face aux patrons du CAC 40, universités pour les questions de société. Les déplacements se multiplient, les micros se tendent. Le ton monte, les petites phrases claquent.
À droite, l'équation reste complexe. Le bloc LR macron-compatible ne dispose plus du socle électoral de 2022, époque où Emmanuel Macron siphonnait largement à droite. Partir de 16 % d'intentions de vote rend la primaire risquée pour Philippe, mais l'absence de scrutin interne pourrait l'être tout autant face à un Attal installé dans le rôle de favori.
La question du calendrier divise également les soutiens. Faut-il organiser la primaire avant l'été 2026, comme le réclament certains signataires, ou attendre l'automne 2027, à six mois du scrutin ? Les états-majors LR et Renaissance peinent à s'accorder sur un calendrier commun, chaque camp redoutant de se retrouver désavantagé.
Renaissance met en avant la nécessité d'un projet collectif. Attal insiste sur l'urgence de préparer l'alternative centriste dès 2026. Philippe, lui, temporise. Il sait qu'une primaire pourrait le consacrer face à Attal, mais aussi l'éliminer politiquement si la dynamique interne lui échappe au profit d'un troisième homme.
Le scrutin présidentiel est prévu les 10 et 24 avril 2027. D'ici là, le prochain rendez-vous électoral majeur reste les élections municipales de mars 2026, test grandeur nature pour les deux camps avant le duel annoncé. La déclaration d'Attal du 27 août marque un tournant : pour la première fois, Renaissance admet publiquement la possibilité d'un scrutin commun.
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