
Milan a vu naître ce jeudi le premier observatoire permanent sur l'intelligence artificielle appliquée au secteur de la mode et du design, une initiative lancée par la Chambre nationale de la mode italienne pour encadrer l'usage des algorithmes génératifs dans la création de vêtements sur mesure. Cette nouvelle structure associe des ingénieurs en informatique et des directeurs artistiques pour harmoniser les pratiques technologiques de la haute couture.
Soixante pour cent des maisons de couture de la péninsule utilisent désormais des systèmes prédictifs pour anticiper les commandes de tissus et limiter les invendus, selon les chiffres publiés par l'Université Polytechnique de Milan. Ce virage technologique vise à réduire les coûts de stockage dans un secteur marqué par la volatilité des tendances de consommation.
Mario Ortelli, associé gérant du cabinet de conseil Ortelli & Co à Milan, affirme que l'intégration de ces outils ne menace pas le savoir-faire manuel traditionnel mais optimise la chaîne logistique des ateliers familiaux. Les artisans peuvent ainsi se concentrer sur les finitions à forte valeur ajoutée pendant que les machines gèrent les flux de matières premières.
Rome a accueilli la semaine dernière les représentants des principales fédérations artisanales pour débattre de l'application pratique du règlement européen sur l'intelligence artificielle dans les petites entreprises. Les débats ont mis en avant la nécessité d'aides publiques pour former les salariés des ateliers traditionnels aux nouveaux logiciels de modélisation.
Florence sert de laboratoire à cette transition avec le maroquinier de luxe Stefano Ricci, qui a installé un système de découpe laser guidé par réseau neuronal, réduisant les pertes de cuir de quatorze pour cent en trois mois. Les caméras haute définition analysent les imperfections naturelles des peaux pour optimiser le placement des patrons de découpe en temps réel.
Les boutiques du Quadrilatero della Moda à Milan proposent de leur côté des cabines d'essayage équipées de miroirs interactifs capables d'ajuster les suggestions de style en analysant les réactions faciales des clients. Cette technologie capte les micro-expressions pour affiner les recommandations sans forcer la décision d'achat.
L'association de défense des consommateurs Codacons réclame des garanties strictes sur le stockage de ces données biométriques, redoutant un profilage commercial abusif sans consentement explicite. Les juristes de l'organisation demandent la mise en place d'un système de suppression immédiate des images après la transaction.
Le prochain sommet international de
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