
Meta a annoncé mercredi 26 août 2026 un accord à hauteur de 17 milliards de dollars pour clore un procès emblématique intenté par des dizaines d'États américains. La procédure, ouverte en Californie, accusait le groupe de Mark Zuckerberg d'avoir conçu des produits addictifs et dangereux pour les mineurs. L'accord met fin à l'un des contentieux les plus surveillés de la Silicon Valley.
Le compromis financier dépasse les attentes initiales du marché. Plusieurs analystes tablaient sur une transaction comprise entre 8 et 12 milliards de dollars. Le montant final, qui pourrait grimper à 18 milliards selon certaines estimations, propulse ce dossier parmi les plus coûteux de l'histoire numérique américaine. Les paiements s'échelonneront sur plusieurs exercices.
Facebook et Instagram subiront des modifications structurelles. Le géant des réseaux sociaux s'engage à instaurer des plafonds de temps d'écran quotidien pour les comptes de mineurs. L'accès nocturne sera bloqué par défaut. Les paramètres de confidentialité des adolescents seront renforcés, avec une limitation des messages privés reçus d'adultes non suivis.
Kelly Stonelake, ancienne cadre de Meta devenue lanceuse d'alerte, a salué la décision sur son blog Overturned. L'ex-directrice a rappelé que l'entreprise « a passé des années à nier les mises en garde » sur la dangerosité de ses produits. Elle a qualifié l'accord de victoire pour les familles affectées par les troubles documentés chez certains jeunes utilisateurs.
Le groupe californien continue toutefois de rejeter toute faute. Meta a précisé dans un communiqué que le règlement n'implique aucune reconnaissance de responsabilité. Les avocats du groupe ont insisté sur la nécessité de tourner la page pour se concentrer sur l'avenir. Cette ligne de défense diverge nettement des conclusions implicites du dispositif négocié.
Washington reste paralysé sur le sujet. Le Congrès américain n'a toujours pas adopté de loi fédérale encadrant la sécurité des mineurs en ligne. Plusieurs textes bipartisans dorment dans les commissions depuis 2023. Le règlement à l'amiable pourrait affaiblir l'élan législatif, certains élus estimant que l'industrie régule désormais elle-même le secteur.
La Californie mène la fronde depuis 2024. Rob Bonta, procureur général de l'État, avait coordonné une coalition de 42 procureurs pour porter plainte contre Meta. Son bureau réclamait initialement des dommages punitifs et la refonte complète des algorithmes de recommandation. L'accord de mercredi satisfait partiellement ses demandes.
L'audience d'homologation est prévue le 14 octobre 2026 devant la cour supérieure de San Francisco. Les avocats des plaignants déposeront leurs conclusions écrites d'ici le 30 septembre. Mark Zuckerberg n'est pas contraint de témoigner, selon les termes préliminaires de l'accord.
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