
Nvidia a engagé des discussions avancées pour racheter Hugging Face, la plateforme new-yorkaise spécialisée dans le partage de modèles d'intelligence artificielle open source. Le montant évoqué dépasse les 13 milliards de dollars, selon une source proche du dossier citée par Business Insider et Bloomberg.
Les négociations se sont intensifiées ces dernières semaines entre les deux entreprises, basées respectivement à Santa Clara et à Manhattan. Aucune offre formelle n'a encore été signée, et l'opération pourrait encore capoter, a précisé la même source sous couvert d'anonymat.
Hugging Face, fondé en 2016 par Clément Delangue, Julien Chaumond et Thomas Wolf, s'est imposé comme la plaque tournante mondiale du machine learning collaboratif. Sa plateforme héberge des centaines de milliers de modèles pré-entraînés utilisés par Meta, Google, Microsoft et des milliers de start-up.
Nvidia, dirigé par Jensen Huang, cherche à verrouiller l'écosystème logiciel de l'IA. Le fabricant de puces GPU a multiplié les investissements dans les logiciels ces derniers mois, notamment via ses accords avec CoreWeave et ses rachats précédents de Mellanox et Run:ai.
Pour Hugging Face, cette cession marquerait un tournant après une levée de fonds de 235 millions de dollars en 2023, qui valorisait déjà l'entreprise à 4,5 milliards. Les investisseurs incluent Sequoia, Coatue et Google, tous parties prenantes dans les discussions actuelles.
Le secteur de l'IA générative traverse une phase de consolidation intense. Microsoft a mis la main sur Inflection AI, Amazon a avalé Adept, et Salesforce a déboursé 2,5 milliards pour Own Company. Le rachat de Hugging Face par Nvidia constituerait la plus grosse opération du segment depuis le début de l'année.
Les régulateurs américains et européens scrutent déjà l'opération. La Federal Trade Commission et la Commission européenne pourraient ouvrir un examen antitrust, Nvidia détenant déjà une position dominante sur le marché des puces d'accélération pour l'IA.
À Paris, le siège européen de Hugging Face a accueilli en 2023 le Premier ministre Gabriel Attal pour une visite axée sur la souveraineté technologique. La start-up française emploie plusieurs dizaines d'ingénieurs en France, et son acquisition par un géant américain relancerait le débat sur l'indépendance numérique européenne.
Les parties doivent encore se mettre d'accord sur la structure financière exacte et les garanties offertes aux équipes fondatrices. Une annonce officielle pourrait intervenir avant la fin du trimestre, selon deux sources interrogées par The Information.
Advertisement
Discover more from AFE PACKAGE
Subscribe to get the latest posts sent to your email.