
Hugo Jinkis, 79 ans, et son fils Mariano Jinkis ont plaidé coupable jeudi 27 août 2026 devant un tribunal fédéral de Brooklyn, à New York, reconnaissant avoir versé des pots-de-vin à des responsables de la FIFA pour s'emparer de contrats lucratifs de diffusion sportive. L'accord conclu avec le parquet américain met fin à des poursuites vieilles de plus d'une décennie.
Les deux hommes dirigeaient la société Torneos y Competencias, l'un des plus gros courtiers en droits télévisuels du football sud-américain. Selon l'acte d'accusation, ils ont transféré plusieurs millions de dollars sur des comptes offshore, entre 2010 et 2015, pour obtenir la faveur de trois dirigeants de la Confédération sud-américaine de football (CONMEBOL).
Brooklyn, plaque tournante. Le dossier instruit par le district Est de New York a permis, dès mai 2015, l'arrestation simultanée de quatorze cadres du football mondial, dont plusieurs vice-présidents de la FIFA. Les perquisitions menées à l'aube au Baur au Lac de Zurich avaient fait le tour du monde.
Le pacte conclu jeudi prévoit une peine maximale de vingt ans pour le père et une réduction de charge pour le fils en échange d'une coopération active. Le juge fédéral chargé du dossier fixera la date du prononcé lors d'une audience prévue le 12 décembre 2026.
Mensonges et commissions occultes. Durant l'audience, les Jinkis ont admis avoir dissimulé l'origine des fonds, acheminés via des sociétés-écrans aux Bahamas et en Uruguay. Les commissions, comprises entre 5 et 10 % de la valeur des contrats, ont servi à garantir les droits de diffusion des Coupes Libertadores et de la Copa América.
La FIFA, secouée depuis 2015 par cette affaire tentaculaire, a suspendu plusieurs dizaines de responsables et réformé ses statuts de gouvernance. L'organisation de Gianni Infantino, basée à Zurich, collabore depuis dix ans avec la justice américaine et a récupéré plus de 200 millions de dollars d'avoirs détournés.
Une vingtaine de prévenus arrêtés. En tout, l'enquête du FBI a abouti à l'inculpation de plus de quarante personnes physiques et morales, parmi lesquelles des anciens membres du comité exécutif de la FIFA, des agents de joueurs et des banquiers genevois. Plusieurs verdicts sont déjà tombés depuis 2017.
Argentine, nouveaux déboires. Hugo Jinkis avait été initialement écroué en 2015 avant d'être libéré sous caution à Buenos Aires. Son extradition vers les États-Unis, contestée pendant des années, a finalement été accordée en 2024. Son fils Mariano avait, lui, été arrêté à Londres en 2018.
L'affaire rebondit aussi sur le continent sud-américain où plusieurs fédérations nationales réclament désormais un audit indépendant de leurs comptes. La CONMEBOL, présidée par Alejandro Domínguez, a annoncé l'ouverture d'une procédure interne pour évaluer d'éventuels contrats léonins signés avant 2015.
Le 12 décembre 2026, la même chambre correctionnelle de Brooklyn examinera le montant exact de la restitution financière imposée aux deux hommes, qui pourraient devoir reverser jusqu'à 75 millions de dollars, selon les termes de l'accord de plaider-coupable rendu public jeudi.
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