
Clermont-Ferrand, 26 août 2026. Une pétition lancée par des habitants de la préfecture du Puy-de-Dôme réclame l'expérimentation de la technique de l'insecte stérile (TIS) contre le moustique tigre. Le texte, mis en circulation cette semaine, demande aux autorités sanitaires et à la municipalité d'autoriser un programme pilote de lâchers de mâles stérilisés.
L'espèce Aedes albopictus, originaire d'Asie du Sud-Est, s'est installée à Clermont-Ferrand en 2018. Sept ans plus tard, plus de 70 % des communes du département vivent désormais en zone colonisée, selon les données de l'Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes. Le moustique tigre est vecteur de la dengue, du chikungunya et du virus Zika.
La TIS consiste à élever en laboratoire des millions de moustiques mâles, stérilisés par irradiation ou par une bactérie. Relâchés dans la nature, ils s'accouplent avec des femelles sans descendance, ce qui fait chuter les populations locales. Cette méthode biologique, sans insecticide, est déjà utilisée à grande échelle à Singapour, au Brésil et dans les Antilles françaises.
Dans le quartier des Salins, la grogne monte. « On ne peut plus dîner dehors à la tombée de la nuit », confie Camille, 34 ans, résidente depuis 2019. « J'ai trois enfants, je refuse de les asperger de produits chimiques chaque soir. » Sa voisine, retraitée, brandit un carnet : « Treize piqûres en une soirée de juin, j'ai compté. »
Strasbourg, autre foyer de l'invasion. Dans les jardins familiaux de l'Eschau, à la frontière allemande, le constat est identique. « C'est de plus en plus insupportable », peste Michel, 60 ans, la main occupée à chasser les nuisibles. Marie, jardinière chevronnée, a dû couvrir son ancien puits raccordé au réseau. « On ne peut rien laisser se remplir. Même un bouchon oublié devient un gîte larvaire. »
Le Haut-Rhin a déclenché son plan d'attaque. La Brigade Verte, opérateur public basé à Munster, a intensifié ses tournées de prospection depuis le printemps. Objectif : repérer les larves dans les cimetières, les gouttières et les récupérateurs d'eau de pluie. « On est passés de 90 signalements en 2023 à plus de 1 200 cette année dans le seul département », précise un agent sous couvert d'anonymat.
Météo France confirme le contexte. Les précipitations régulières du mois d'août 2026, combinées à des températures nocturnes supérieures à 17 °C, créent les conditions idéales de reproduction. Un seul œuf peut éclore en sept jours et donner une génération de 200 adultes.
Les signataires clermontois espèrent un vote du conseil municipal en septembre. Le collectif a déjà rassemblé 1 800 signatures sur papier et en ligne. La mairie, contactée, n'a pas répondu à nos sollicitations à l'heure de publication.
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