
Paris, 26 août 2026 — À un an de l'élection présidentielle, l'Éducation nationale redevient le terrain d'affrontement préféré des candidats. Gabriel Attal et Édouard Philippe, tous deux anciens locataires de la rue de Grenelle, multiplient les annonces salariales devant un corps enseignant qu'ils ont, l'un et l'autre, contribué à mécontenter durant leur passage au pouvoir.
Le maire du Havre a dégainé le premier. Dans les colonnes du Figaro, lundi 24 août, Édouard Philippe propose une hausse de 20% de la rémunération moyenne des professeurs sur un quinquennat. Une trajectoire censée ramener la France dans la moyenne de l'OCDE. « Les enseignants français figurent parmi les moins bien payés d'Europe, et cette situation n'est plus tenable », a-t-il martelé lors d'un déplacement à Rouen la semaine précédente.
Gabriel Attal n'a pas tardé à répliquer. L'ancien Premier ministre, désormais à la tête de son mouvement, a promis 15% d'augmentation dès le premier mois du mandat en cas de victoire. Son entourage évoque un plan global de 12 milliards d'euros, financé par redéploiement budgétaire. La méthode, assure-t-il, diffèrera de celle de son prédécesseur : fin du « en même temps », place à l'autorité et aux fondamentaux.
Le ministre de l'Éducation nationale, Anne Genetet, a tenté de reprendre la main mercredi 26 août. Devant la presse à l'occasion d'une visite de collège à Créteil, elle a défendu le bilan de la fin de quinquennat : « Les réformes engagées produiront leurs effets, il faut leur laisser le temps. » Une phrase accueillie froidement par les syndicats, dont le SNES-FSU, qui a dénoncé une « politique du pansement ».
Les chiffres, eux, continuent de poser question. Selon la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance, le salaire net moyen des enseignants français plafonne à 2 450 euros en début de carrière, contre 3 100 euros en Allemagne. Le retard salarial n'a pas été comblé malgré la revalorisation de 2023, qui n'a concerné qu'une fraction des personnels.
Le « choc des savoirs », mesure phare portée par Gabriel Attal ministre, cristallise les critiques. L'Humanité, dans une enquête publiée ce week-end, qualifie ce dispositif d'« échec patent ». Les résultats Pisa 2025, publiés en décembre dernier, confirment le décrochage en mathématiques et en compréhension écrite. La France perd quatre points en sciences par rapport à 2018.
Édouard Philippe assume, lui, un virage plus social. Proposer une hausse de 1 500 euros brut annuels en cinq ans aux professeurs des écoles, et jusqu'à 2 000 euros pour les agrégés. Un effort « prioritaire », argue l'ancien Premier ministre, qui conditionne tout autre chantier — направления pédagogiques inclus — à cette revalorisation.
Le rendez-vous est fixé : la rentrée scolaire 2026, lundi 1er septembre, mettra les premières décisions à l'épreuve des faits. Les syndicats enseignants appellent à une journée de mobilisation nationale le 17 septembre prochain pour exiger, eux aussi, des engagements chiffrés avant le scrutin de 2027.
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