
Une vitrine du Caffè Deorsola, établissement historique de la place Deffeyes, a été fracassée dans la nuit de jeudi à vendredi. Des traces de sang maculaient le sol, vestige d'une rixe ayant impliqué une dizaine de personnes. Les carabiniers et la police, appelés à plusieurs reprises pour des échauffourées, des cris et des courses de voitures, sont intervenus dans le secteur de la rue Festaz.
Le propriétaire du café, interrogé par les médias locaux, a déclaré : « Chaque soir, c'est pareil. » Cette nouvelle dégradation intervient alors que les commerçants et les résidents de la zone comprise entre les rues de Losanna, Gramsci, Festaz et la tour du Lebbroso ont signalé à plusieurs reprises des actes de vandalisme, des tapages nocturnes et une dégradation récurrente du cadre de vie. L'association Fipe Confcommercio Val d'Aoste a dénoncé un « épisode qui s'inscrit dans un contexte de malaise croissant » ressenti depuis longtemps par les habitants et les commerçants.
La mobilisation citoyenne prend de l'ampleur. Après les habitants des rues Festaz et Losanna, ainsi que ceux du quartier Tzamberlet et de la rue Saint-Etienne, les résidents de la rue Chavanne ont décidé de hausser le ton. Ils décrivent des inconnus qui abordent les passants dans la rue, une cour utilisée comme passage vers un centre de massage – déjà sous le feu des projecteurs – et des vols, des rayures sur les voitures, jusqu'à l'agression au couteau d'une femme travaillant dans ce même centre. Un récent épisode qui a choqué le voisinage.
« La situation est invivable depuis des années », confie un habitant, qui souhaite rester anonyme. Les riverains ont commencé à recenser les incidents et à interpeller la municipalité. Le climat d'insécurité est tel que certains n'osent plus sortir le soir.
La Confcommercio régionale a rappelé que la sécurité et le décorum urbain sont des « conditions indispensables » pour le commerce et l'attractivité du centre-ville. L'organisation demande des mesures concrètes, notamment une présence policière renforcée et un éclairage public amélioré.
La mairie d'Aoste, contactée, n'a pas encore répondu à ces demandes. Le maire, Gianni Nuti, avait pourtant annoncé un plan de revitalisation du centre ancien. Mais les habitants jugent les actions trop lentes.
La nuit de vendredi à samedi s'annonce à nouveau sous tension. Les forces de l'ordre ont prévu des patrouilles supplémentaires dans le secteur, selon une source proche du dossier.
Le conseil municipal doit se réunir lundi pour évoquer la sécurité dans le centre-ville. Les associations de commerçants et les comités de quartier entendent y présenter une liste de revendications.
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