Le Canada lève les sanctions contre l'ex-oligarque russe Anatoli Tchoubaïs

Ottawa a retiré Anatoli Tchoubaïs de sa liste de sanctions, une décision surprise qui intervient après des démarches de l'ex-homme fort des privatisations russes, qui se dit en opposition historique à Vladimir Poutine.Notizie dell'ultima ora, Internazionale, Politica, Anatoli Tchoubaïs, appmap, Canada, Poutine, Russia, sanzioni, PACCHETTO AFE, newsOttawa a retiré Anatoli Tchoubaïs de sa liste de sanctions, une décision surprise qui intervient après des démarches de l'ex-homme fort des privatisations...
Le Canada lève les sanctions contre l'ex-oligarque russe Anatoli Tchoubaïs

Ottawa a officiellement retiré Anatoli Tchoubaïs de sa liste de sanctions, une décision rendue publique le 26 août dernier. L'ex-vice-président du gouvernement russe des années 1990, âgé de 71 ans, avait été sanctionné en 2022 après l'invasion de l'Ukraine. Le gouvernement canadien a justifié ce retrait par des informations selon lesquelles Tchoubaïs se trouvait « historiquement » en opposition à Vladimir Poutine.

Le nom d'Anatoli Tchoubaïs figure désormais sur la liste des personnes exemptées, qui compte 1 509 entrées, selon les registres officiels consultés par l'Agence France-Presse. Cette mesure intervient après plusieurs mois de démarches menées par les avocats de l'ancien architecte des privatisations russes. Ces derniers ont fourni aux autorités canadiennes des preuves de son opposition au Kremlin, notamment sa démission de son poste d'envoyé spécial pour le développement durable, en mars 2022, quelques semaines après le début du conflit.

Tchoubaïs, qui a quitté la Russie pour Israël puis pour l'Europe, avait déjà été blanchi par d'autres pays occidentaux. Le Canada, en revanche, maintenait ses sanctions jusqu'à présent. Une source proche du dossier a indiqué que les autorités canadiennes ont été sensibles aux arguments juridiques présentés, démontrant que Tchoubaïs n'avait pas de lien avec les décisions du Kremlin concernant l'Ukraine.

La décision canadienne contraste avec la position de Moscou, où Tchoubaïs est toujours sous le coup d'un mandat d'arrêt. En 2022, le comité d'enquête russe l'avait inculpé pour fraude, une accusation que ses partisans qualifient de politiquement motivée. L'ancien vice-premier ministre, qui a supervisé les privatisations massives des années 1990, reste une figure clivante en Russie, où beaucoup lui attribuent la création de la classe des oligarques.

Le 13 août, Tchoubaïs a rencontré à Ottawa des responsables du ministère des Affaires étrangères pour plaider sa cause. Selon le journal The Insider, il aurait fourni des documents attestant de ses critiques publiques contre Poutine, notamment des interviews accordées à des médias occidentaux après son départ de Russie. Il aurait également souligné son rôle dans la fondation du parti libéral SPS, opposé à Poutine au début des années 2000.

Cette levée de sanctions intervient dans un contexte où plusieurs alliés de l'OTAN revoient leurs listes noires. En juillet dernier, l'Union européenne a accordé des dérogations à certaines personnalités russes, mais Tchoubaïs n'en faisait pas partie. Le Canada, lui, a choisi une approche au cas par cas, selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, qui a précisé que chaque dossier était examiné sur la base de preuves tangibles.

L'ancien homme fort de l'économie russe, qui a dirigé le géant de l'électricité RAO UES de 1998 à 2008, a toujours nié toute implication dans les actions de Poutine en Ukraine. Dans une déclaration récente, il a affirmé que sa démission de 2022 était un acte de protestation contre la guerre. Ses avocats ont également fait valoir qu'il avait aidé des opposants russes à quitter le pays, un argument qui a pesé dans la balance à Ottawa.

La décision canadienne pourrait avoir des répercussions diplomatiques. Moscou a déjà réagi par la voix de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, qui a dénoncé une « décision scandaleuse ». De son côté, Tchoubaïs devrait rester en Europe, où il poursuit des activités de conseil. La prochaine échéance judiciaire pour lui est prévue le 15 septembre à Moscou, où un tribunal doit examiner sa demande d'annulation du mandat d'arrêt, une audience qui s'annonce purement formelle.

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