
Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de l'hebdomadaire Valeurs actuelles, a renoncé samedi 19 septembre à ses interventions prévues sur France Inter après une fronde interne de trois semaines menée par les syndicats de la station publique contre son recrutement.
Deux journées de grève nationale avaient fortement perturbé la grille des programmes de Radio France fin août et début septembre pour s'opposer à l'arrivée de cette signature issue d'un journal d'opinion marqué à droite.
La direction de la station publique a tenté d'éteindre l'incendie social en proposant au journaliste de transformer son billet d'humeur initial en un débat contradictoire face à un contradicteur régulier.
Charles Sapin a rejeté cette formule de compromis de dernière minute, considérant que la contestation syndicale ciblait directement sa personne et rendait impossible toute collaboration sereine avec l'équipe de la matinale.
Les syndicats représentatifs de Radio France, dont le SNJ et la CGT, saluent ce retrait qu'ils qualifient de victoire pour la charte déontologique du groupe public, estimant que la ligne éditoriale du magazine conservateur n'a pas sa place sur leurs ondes.
Les représentants de la droite et de l'extrême droite fustigent quant à eux une dérive sectaire et transforment le départ du chroniqueur en symbole d'une censure idéologique qui régnerait au sein des rédactions du service public.
Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières, a rappelé de son côté que le respect du pluralisme n'exige pas une égalité arithmétique constante à l'antenne, mais une représentation globale des sensibilités de la société.
Le comité d'éthique de Radio France se réunira le 8 octobre prochain pour statuer sur les règles de recrutement des intervenants extérieurs et clarifier les limites de la liberté éditoriale des directions face aux motions de défiance syndicales.
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