
Édouard Philippe a officialisé, jeudi 27 août 2026, sa volonté d'abaisser à douze mois la durée maximale d'indemnisation du chômage pour les demandeurs d'emploi de moins de 50 ans. L'ancien Premier ministre a confirmé cette orientation dans un entretien à l'Agence France-Presse, à la veille d'un débat organisé au Medef.
Paris, jeudi matin. Le candidat à l'élection présidentielle défend une rupture nette avec le cadre actuel. « Ma direction, c'est de faire comme l'Allemagne. Douze mois d'indemnisation maximum pour les moins de 50 ans », a-t-il martelé, appelant à mettre fin à ce qu'il qualifie d'« open bar » des arrêts de travail.
La durée actuelle atteint 18 mois pour les moins de 55 ans, depuis une réforme intervenue en 2023. Le dispositif prévoit ensuite 22,5 mois entre 55 et 57 ans, puis 27 mois au-delà de 57 ans. Le raccourcissement proposé concernerait directement plusieurs centaines de milliers de bénéficiaires chaque année.
Le Havre, fief politique de l'ancien chef de gouvernement. Édouard Philippe mise sur un signal envoyé aux entreprises. Selon ses proches, l'objectif affiché est double : accélérer le retour à l'emploi et alléger la facture de l'Unedic, dont la dette dépasse 50 milliards d'euros.
Adidas Arena, nord de Paris. L'ancien locataire de Matignon avait déjà donné le ton lors d'un meeting de campagne, le 5 juillet 2026, en critiquant l'« open bar » des arrêts maladie. Sa proposition s'inscrit dans un programme plus large de réformes du marché du travail.
L'Allemagne plafonne l'indemnisation à douze mois pour les moins de 50 ans, dix-huit mois entre 50 et 54 ans, puis vingt-quatre mois au-delà de 55 ans. Le différentiel avec la France atteignait jusqu'ici six mois pour la première tranche d'âge.
Le Medef, hôte du débat de jeudi, accueille favorablement le signal. L'organisation patronale réclame depuis plusieurs années une modulation plus stricte des droits, en fonction de la situation du marché du travail. Les syndicats, eux, redoutent une précarisation accrue des trajectoires professionnelles.
Bruxelles, institutions européennes. La proposition française s'éloignerait d'un cadre commun pourtant prôné par plusieurs capitales. La Commission européenne a publié, en 2024, une recommandation invitant les États à garantir au moins six mois d'indemnisation, contre quatre aujourd'hui dans certains pays.
Sébastien Lecornu, ministre des Armées et figure de la majorité, doit répondre aux questions sur le sujet lors de la séance publique du Sénat, vendredi 28 août 2026 à 14h30. Le débat au Medef réunira plusieurs candidats déclarés à la présidentielle, dont les prises de position seront scrutées par les partenaires sociaux.
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