
Paris, 27 août 2026. Gabriel Attal a tranché, jeudi soir sur BFMTV-RMC : il n'y a plus de favori dans le bloc central. L'ancien Premier ministre a officialisé sa candidature à la présidentielle de 2027 et propose une primaire ouverte à Édouard Philippe. Une main tendue qui ressemble à une déclaration de guerre froide.
L'échéance de 2027 s'éloigne, mais la bataille des ego bat son plein. Edouard Philippe, maire du Havre et figure de la droite libérale, refuse pour l'instant le duel frontal. Il ne le souhaite pas, glisse Attal. Lequel a déjà envoyé une proposition formelle à son ancien mentor politique. Un camouflet public.
Laurent Wauquiez, patron des députés LR, avait pourtant planté les graines dès l'automne 2025. Il voyait dans une primaire un bol d'oxygène pour un candidat Philippe en perte de vitesse. Les arguments sucrés et salés avaient fusé. Le chef de file des Républicains l'avait même prévenu : Macron partait d'un socle à 23, tu pars de 16. Le siphonage n'aura pas lieu.
Les sondages, mauvais arbitre. Les deux camps se renvoient les chiffres comme des uppercuts. Attal mise sur sa récente exposition à Matignon. Philippe capitalise sur son image de rigueur et son ancrage territorial. Aucun ne plie le match. Les instituts, eux, livrent des résultats contradictoires d'une semaine à l'autre, alimentant la stratégie du bruit.
Mayotte, Roland-Garros, Medef. Les deux concurrents arpentent les mêmes estrades. Le terrain commun se transforme peu à peu en champ de mines. La crise migratoire à Mayotte a servi de premier ring médiatique. Le débat avec les patrons, jeudi, devant le Medef, a durci le ton. Les petites phrases claquent, rapportées par la presse régionale.
Gabriel Attal revendique son statut de candidat sérieux. Il assume les attaques russes, de l'extrême gauche, de l'extrême droite. Le vocabulaire est martial. Philippe, de son côté, distille ses piques dans les colonnes du Point ou lors de ses passages dans les Alpes. La droite institutionnelle observe, mi-amusée, mi-inquiète.
À l'Élysée, on suit la séquence en silence. Le camp Macron, renvoyé dos à dos par ses deux anciens Premiers ministres, tente de préserver l'unité du bloc central. Sans grand succès. Les proches d'Attal évoquent une candidature de rupture. L'entourage de Philippe, lui, parie sur le temps long et l'usure de l'adversaire.
Le premier débat entre les deux hommes, s'il a lieu, pourrait se tenir avant la fin de l'année 2026. Une date qui circule dans les couloirs de l'Assemblée nationale. En attendant, le compte à rebours continue, et chaque apparition publique se transforme en meeting officieux. La primaire se jouera peut-être avant que quiconque ne la convoque.
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