
Ratko Mladic est mort jeudi 27 août 2026 dans une cellule néerlandaise. L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie s'est éteint à 84 ans, ont annoncé les autorités pénitentiaires des Nations unies à La Haye. La nouvelle a rapidement été confirmée par la télévision publique serbe (RTS), qui a diffusé l'information en début de matinée.
Condamné à la réclusion à perpétuité en novembre 2017, Mladic purgeait sa peine dans une unité de détention du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), transférée au Mécanisme international résiduel (IRMCT). Son état de santé s'était fortement dégradé depuis 2023, selon des sources médicales citées par la presse serbe, évoquant une longue hospitalisation à La Haye.
Srebrenica, juillet 1995. Le général de l'Armée de la République serbe de Bosnie (VRS) entre dans l'enclave sous protection onusienne. En une semaine, ses troupes massacrent environ 8 000 hommes et adolescents bosniaques. Ce crime, qualifié de génocide par la justice internationale, constitue le point central du dossier d'accusation contre lui.
Le verdict de 2017 a marqué un tournant. La chambre du TPIY a reconnu Mladic coupable de dix chefs d'accusation, dont le génocide de Srebrenica, la persécution, l'extermination, le transfert forcé et le siège de Sarajevo, qui causa la mort de plus de 10 000 civils entre 1992 et 1995. La peine, irréductible, ne laissait aucune porte de sortie judiciaire.
Belgrade, 1992-1995. À la tête de la VRS, Mladic a dirigé les opérations militaires sur près de quatre années de guerre. Les images de son passage à Srebrenica, un cigare à la main, saluant ses troupes, ont marqué l'opinion publique mondiale. Son surnom de « Boucher des Balkans » s'est imposé dans la presse occidentale dès 1993.
En Serbie, la figure de Mladic divise profondément. Une partie de l'opinion publique le considère toujours comme un héros de guerre ayant défendu les Serbes de Bosnie. Plusieurs rassemblements spontanés ont eu lieu jeudi à Belgrade, Novi Sad et Banja Luka, où des gerbes de fleurs ont été déposées devant des portraits du défunt. Le président Aleksandar Vučić a annoncé trois jours de deuil national, saluant « la fin d'une époque » pour les familles serbes.
Pour les associations de victimes, la disparition de Mladic ne clôt rien. Munira Subašić, présidente de l'association des Mères de Srebrenica, a déclaré à la presse bosniaque : « Le génocide reste, les ossements restent. Justice a été rendue par le tribunal, mais le pardon n'existe pas. » La Bosnie-Herzégovine a observé une minute de silence dans toutes les institutions fédérales.
Le corps de l'ancien général devrait être rapatrié en Serbie dans les prochains jours, selon une source diplomatique à Belgrade, pour des funérailles attendues par des milliers de partisans. Le Mécanisme international résiduel publiera vendredi un communiqué officiel détaillant les circonstances précises du décès et les dispositions funéraires.
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