
Alger, 28 août 2026 – L'anglais s'impose comme la nouvelle langue d'enseignement des sciences et de la technologie dans les universités algériennes, une décision qui acte le recul historique du français, héritage colonial, au profit de la langue de Shakespeare.
Le ministère de l'Enseignement supérieur a confirmé l'extension du programme d'anglais à toutes les filières scientifiques dès la rentrée prochaine. Ce changement, annoncé en juillet, concerne près de 1,5 million d'étudiants à travers le pays.
« L'anglais est la langue de la science, de la technologie et de l'économie mondiale », a déclaré le ministre Abdelhakim Benaissa lors d'une conférence de presse à Alger. Il a justifié cette réforme par la nécessité de « moderniser le système éducatif et d'ouvrir de nouvelles perspectives aux jeunes Algériens ».
Cette évolution s'inscrit dans un mouvement plus large de diversification linguistique. Depuis 2019, l'enseignement de l'anglais a été introduit dès le primaire, en parallèle du français, qui reste la langue d'enseignement des matières littéraires et juridiques.
Le Figaro rapporte que le retrait progressif du français de l'espace public – signalétique, documents administratifs, médias – suscite des réactions passionnées. Des associations de défense de la francophonie dénoncent « une perte culturelle » et appellent à préserver la langue de Molière.
À Oran, des enseignants ont organisé une pétition contre la marginalisation du français. « Nos élèves maîtrisent mieux le français que l'anglais, ce changement va créer des inégalités », a confié à l'AFP une professeure de lettres, qui a requis l'anonymat.
Le mouvement n'est pas nouveau. Depuis l'indépendance en 1962, l'Algérie a tenté de s'affranchir de la langue de l'ancien colonisateur. L'arabisation des années 1970 a cédé la place à une ouverture vers l'anglais, considéré comme plus neutre et plus utile sur le plan économique.
Les partisans de la réforme y voient une opportunité pour l'emploi des jeunes, dans un pays où le taux de chômage atteint 12,5%. L'anglais est perçu comme un passeport pour les entreprises internationales et les technologies de pointe.
Le débat reste vif. Le 15 septembre prochain, le Parlement doit examiner un projet de loi visant à généraliser l'anglais dans l'administration publique, une étape supplémentaire qui pourrait définitivement sceller le sort du français dans le pays.
Реклама
Узнайте больше от ПАКЕТ AFE
Подпишитесь, чтобы получать последние публикации на вашу электронную почту.