
Alberto Núñez Feijóo a exigé ce samedi 29 août la comparution de la directrice du Centre national de renseignement (CNI), Esperanza Casteleiro, devant le Sénat. Le président du Parti populaire (PP) a également annoncé que sa formation se porterait partie civile dans le cadre de l'enquête sur la gestion de la crise migratoire de Ceuta. « Quelqu'un ment », a-t-il lancé depuis Cerdedo-Cotobade, en Galice, où il ouvrait le cours politique de son parti.
Lors d'un discours devant plus d'un millier de militants réunis sous la carballeira de San Xusto, le chef de l'opposition a accusé le gouvernement de Pedro Sánchez d'avoir « abandonné » l'enclave de Ceuta. Il a promis des « conséquences » après ce qu'il qualifie de « pire épisode migratoire de l'histoire récente de l'Espagne ». Les forces de sécurité ont dénombré plus de 8 000 entrées irrégulières le week-end dernier.
Le leader du PP a donné le ton de la rentrée politique en proclamant la fin du « sanchisme ». « Maintenant, il faut certifier sa disparition dans les urnes », a-t-il asséné, avant d'appeler les électeurs à voter « pour la colère et pour l'espoir ». Cette déclaration intervient alors que les sondages donnent son parti en tête des intentions de vote pour les prochaines élections législatives.
Esperanza Casteleiro, nommée à la tête du CNI en 2022, est dans le collimateur du PP depuis la révélation par la presse de rapports internes sur la dégradation de la situation à la frontière de Ceuta. Les services de renseignement espagnols auraient alerté l'exécutif dès le mois de juin de risques de nouvelles tentatives d'entrée massive. Le gouvernement n'a pas répondu aux demandes de commentaires.
Le PP exige également la création d'une commission d'enquête parlementaire sur l'ensemble de la gestion de la crise. Les groupes parlementaires doivent se réunir mardi pour fixer l'ordre du jour des prochaines séances. Les socialistes, de leur côté, dénoncent une « instrumentalisation politique » de la tragédie migratoire et rappellent que le gouvernement a renforcé les effectifs de la Guardia Civil à Ceuta.
Feijóo a profité de ce rendez-vous traditionnel de la rentrée politique galicienne pour esquisser son projet de gouvernement. Il a promis de rétablir « l'ordre, la sécurité et la dignité » aux frontières, en s'appuyant sur son expérience de président de la région de Galice. « Je sais ce qu'il faut faire après le sanchisme », a-t-il martelé.
Le discours a été ponctué d'applaudissements nourris, notamment lorsque le leader conservateur a évoqué les forces de l'ordre dépassées par l'afflux de migrants à Ceuta. Plusieurs syndicats de police ont publiquement critiqué le manque de moyens dans l'enclave, où la pression migratoire reste forte depuis les événements de la semaine dernière.
Le PP a annoncé qu'il déposerait formellement sa demande de comparution de la directrice du CNI lundi matin. La commission du contrôle des crédits secrets du Sénat, qui doit examiner cette demande, est convoquée vendredi prochain. C'est dans ce cadre que la version de l'exécutif sur la gestion du renseignement sera confrontée à celle des services de Casteleiro.
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